Les Bienveillantes (Jonathan Littell)
ENFIN !!! Ca y’est je l’ai finiiiiii !!!
De quoi je parle? Du Prix Goncourt 2006 (mais également Grand Prix du roman de l’Académie Française 2006), à savoir Les Bienveillantes de Jonathan Littell.

En fait, j’aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n’est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n’ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d’écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n’ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j’ai fait mon travail, voilà tout.. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l’air, le manger, le boire et l’excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.
J’en suis venue à lire ce livre par curiosité.
Curiosité envers ce mastodonte littéraire, commercial et marketing qu’est le Prix Goncourt : je voulais savoir par moi même, pouvoir me dire « oui j’ai déjà lu un Goncourt» , non pas pour une frime quelconque, mais plus pour savoir ce que représente un peu ce prix.
Et curiosité envers un sujet qui me fascinera toujours : la seconde guerre mondiale m’intrigue, je me demande encore comment on a pu en arriver la, qu’est ce qui s’est passé dans la tête des hommes pour répandre autant d’horreurs sur le monde.
Les Bienveillantes semble donc le roman idéal pour tout ça.
Eh bien comment vous dire… La lecture fut très laborieuse, je n’ai jamais mis autant de temps pour lire un bouquin et pourtant les pavés ça me connais.
Déjà, il faut savoir que c’est un sacré bloc de 1400 pages, pas le genre de petite lecture tranquille quoi. Rajoutez à ça une écriture tassée, autrement dit aucun saut de lignes dans la rédaction, même pour les dialogues. Ce qui donne un texte très compact et vite épuisant puisqu’on ne sait plus trop ce qu’on lit parfois. Ce sentiment est accentué par l’utilisation en grand nombre de termes allemands (pour les grades en particulier) qui a achevé de me perdre. Ah si, encore une chose avec laquelle j’ai eu du mal : très peu de références chronologiques tout le long du roman. Alors ok, je veux bien croire que c’est plus une vision globale de la guerre dont il est question ici et pas une chronologie, mais au vu du nombre de pages, quelques références en plus n’auraient pas fait de mal.
J’ai été assez déçue aussi par la vision « allemande» de la seconde guerre mondiale. En fait, on passe tout notre temps avec Maximilien Aue et ses déboires, aussi bien personnels que professionnels. Certains moments sont intéressants mais ils restent trop rares. On en apprend peu sur les méthodes et les décisions qui ont été prises pour justifier les exécutions. Et il y a de nombreux passages dont je me serais bien passés, je me demande d’ailleurs encore quels intérêts il y avait à les faire figurer.
Bref, ce n’est pas le roman que j’attendais sur la vision allemande de la guerre. Je pense que par rapport à ce que je recherche, il faudrait que je me tourne vers de vrais récits, écrits par de vraies personnes ayant participées à ce carnage sans nom.
Une chose est sure, je ne suis pas prête de relire un Goncourt s’ils sont tous du même acabit ! Lecture bien trop pénible à mon goût, alors que c’est le genre d’activité qui pour moi doit avant tout être distrayant, plaisant ou instructif, ce qui n’a pas été le cas ici. Je me demande encore le réel intérêt de ce que j’ai lu…
Hello, Alors j’vais pas être timide et utiliser la case. Premièrement joli article
Je l’ai lu il y a maintenant 2 ans (en gros à sa sortie) et je me souviens encore de cette impression de « aurait pu mieux faire» qu’il m’avait laissé. Pourtant j’avais aimé être perturbé par cet ouvrage. Autant la première partie, quand Aue raconte sa guerre de manière méthodique, est absolument passionnante. Autant le final (de sa blessure à la fin de la guerre) est long et ennuyeux. Je me souviens avoir sauté quelques pages lorsque l’auteur part dans ses délires. En revanche, je te trouve dure. L’intérêt est dans cette vision froide de la guerre faite par Aue. Le début du livre me fait penser à Celine (sans aucun jeu de mot avec toi) et son Voyage au bout de la nuit. L’écrivain nous agresse et se réfugie derriere une froideur et une absence totale de regrets. Au départ on le déteste et pourtant, il va arriver plusieurs moments où on va se dire :» n’aurais-je pas fait la meme chose en fait ?» . C’est cela qui est fascinant et désorientant. On crois avoir affaire à un vulgaire bourreau, au final l’homme qui nous est présenté est un homme comme un autre avec ses peurs et ses craintes. Ce livre, meme s’il n’est pas aussi abouti qu’il devrait l’être (surtout par la fin en fait), n’en reste pas moins dérangeant et nous fait poser pas mal de questions sur nous même. C’est en cela qu’il m’apparaît bien avoir de l’intérêt. pffiou j’ai été long….. a plus
@ Nico : Merci de ton commentaire fort instructif en tout cas !!
re-
Bein j’ai pas lu la version poche mais pour la typo, l’édition brochée est ultra dense également.
Mais comme je l’écris, j’ai également eu du mal sur la partie délire perso après sa blessure. J’avoue avoir lu en diagonale certains passages qui pour moi étaient absolument incompréhensibles. J’pense que effectivement ce sont ces passages qui nous laissent ce gouts d’inachevé.
En lisant un article consacré au livre, Je me suis récemment aperçu qu’en fait, ces passages renfermaient toute une mine d’infos. Dommage car moi, j’l'ai manqué.
T’as la possibilité de le relire sinon…
Je me demande à quoi servaient les digressions sur sa soeur. Certes, elles expliquent le titre mais au delà ? Pourquoi réécrire une tragédie grecque dans un roman sur le nazisme ? Montrer une élite cultivée sombrer dans un extrémisme fou, certes, mais faire de leur vie privée une nouvelle Orestie, je ne vois pas bien le rapport. J’avais été assez déçue par cette lecture mais ne condamnerai pas tous les Goncourt. Certains sont bien plus plaisants !
@ praline : On est d’accord pour l’histoire avec sa soeur.
Il est dans ma pile, celui-là… il me faisait déjà peur et là, c’est pire!!! Un jour, donc!!
@ Karine
: C’est sur qu’il est impressionnant rien qu’aux nombres de pages… Je n’avais jamais lu un aussi gros roman jusque la (sagas diverses de fantasy mis à part qui peuvent prendre beaucoup de pages aussi) et c’était la première fois que j’ai ressenti le besoin de faire une pause au milieu de ma lecture, en lisant autre chose.
Après, les gouts et les couleurs sont propres à chacun, tu vas peut être adorer !!